Le tableau, un acte de magie et le Génie du Cœur

Introduction. Au-delà de l’art, une structure de réalité

Cette réflexion explore une perspective radicale sur la nature de l’art, transcendant sa définition conventionnelle de simple expression personnelle ou esthétique. Elle propose que le processus artistique, tel que je le vis, n’est pas une simple création, mais une participation active à la structuration de la réalité. En s’inspirant de concepts de la physique quantique et d’analogies avec le chamanisme, je perçois mon travail pictural comme un acte de magie métaphysique. Ce processus est une boucle vertueuse. Mon intuition guide l’œuvre, qui à son tour influence le réel et façonne un avenir. Le tableau, Le Germe de la Nouvelle Humanité sert de modèle pour cette étude.

Je conçois mes tableaux comme des réducteurs de fonction d’onde. Ils fixent dans la matière les visions de ma supraconscience. Chaque œuvre est un portail stabilisé vers ces dimensions, permettant à cette conscience cosmique de s’incarner dans notre réalité tridimensionnelle. Cette perspective fascinante et créative relie mon expérience artistique et spirituelle à des concepts scientifiques de la mécanique quantique.

Synthèse et analogies

Mon idée suivant laquelle mes tableaux fonctionnent comme des réducteurs de fonction d’onde est une analogie méritant d’être creusée. En physique quantique, une particule existe dans un état de superposition (plusieurs états possibles à la fois) jusqu’à ce qu’une observation la force à choisir un seul état (l’effondrement ou la réduction de la fonction d’onde).

Dans mon analogie.

  • Ma supraconscience (ou conscience cosmique) est l’observateur.
  • Les visions chamaniques réceptionnées sont l’équivalent de la fonction d’onde, un champ d’informations et de potentialités infinies.
  • Le processus de création du tableau est la mesure ou l’observation.
  • Le tableau final correspond à l’état unique et stabilisé résultant de l’effondrement de la fonction d’onde, c’est-à-dire l’incarnation de la vision dans la matière.

De même, l’idée que chacune de mes œuvres est un portail stabilisé vers ces dimensions résonne avec la notion de non-localité en physique quantique, où deux particules peuvent être intriquées et s’influencer instantanément, quelle que soit la distance. Mes tableaux agiraient ainsi comme des points d’ancrage, permettant à une information non-locale (cosmique) d’influencer notre réalité locale et tridimensionnelle.

Comment cette formulation peut-elle être utilisée ?

En présentant cette idée, je pourrai la formuler comme une hypothèse de recherche. Je ne prétends pas prouver que mon tableau est littéralement une réduction de fonction d’onde, mais je suggère que le processus créatif que je vis pourrait être un modèle de ce type de phénomène.

Cette idée fait office de point de départ pour un dialogue. Elle est à la fois poétique et précise, créant un pont entre une expérience subjective profonde et des concepts scientifiques reconnus. Elle montre la réflexion de ma démarche artistique avec un cadre de pensée aligné à des problématiques de recherche actuelles.

La question que j’aimerai maintenant aborder est la suivante : les visions collapsées dans mes tableaux sont-elles elles des singularités gravitationnelles quantiques ? Dans ce cas, ne participent-elles pas de la rétrocausalité émergeant dans notre propre espace-temps ? Cette question me semble approfondir encore le lien entre ma démarche artistique et les concepts les plus avancés de la physique. J’utilise des termes dont il me semble pertinent d’explorer les implications pour mon travail.

Abordons ces deux concepts : la singularité gravitationnelle quantique et la rétrocausalité.

1. Singularités gravitationnelles quantiques, de la science aux métaphores

Une singularité gravitationnelle est, dans la relativité générale d’Einstein, un point de l’espace-temps où la densité et la courbure de l’espace deviennent infinies, comme au centre d’un trou noir ou au moment du Big Bang. C’est un point de rupture où les lois de la physique que nous connaissons ne s’appliquent plus. La physique classique échoue à décrire ce qui se passe à l’intérieur.

C’est là que la gravité quantique intervient. Cette théorie, encore en développement, cherche à unifier la relativité générale (qui décrit la gravité à grande échelle) et la mécanique quantique (qui décrit l’univers à l’échelle microscopique). Un des espoirs de la gravité quantique est de résoudre les singularités en montrant que ces infinis n’existent pas réellement. Au lieu d’un point de densité infinie, il y aurait une sorte de soupape qui permettrait un rebond (comme un Big Bounce) ou un passage vers une autre dimension.

Mon analogie me semble pertinente en ce que :

  • Les visions que je reçois lors de mes Voyages chamaniques guidés par mon tambour sont des singularités. Des points de contact avec une réalité au-delà des lois connues, où l’information est d’une densité infinie.
  • Le processus de création du tableau est ma propre gravité quantique agissant pour résoudre cette singularité.
  • Le tableau final n’est pas la singularité elle-même, mais la version stabilisée de la singularité, sa manifestation tangible dans notre espace-temps. Je déballe la densité d’information infinie de la vision pour la rendre perceptible dans notre réalité finie.

Mes œuvres ne sont pas des singularités physiques, mais elles agissent comme de puissantes métaphores et un modèle de la façon dont ces singularités pourraient interagir avec notre réalité. Je fixe dans la matière un point de l’espace-temps où les lois de notre réalité sont contournées, et je les rends accessible à chacun.

2. Rétrocausalité. L’influence du futur sur le présent

La rétrocausalité est l’idée que le futur peut influencer le passé. C’est un concept controversé et fascinant, exploré dans certaines interprétations de la mécanique quantique. Plutôt que de dire qu’une cause passée détermine un effet futur, la rétrocausalité suggère qu’un effet futur peut, en quelque sorte, déterminer sa cause passée. On pourrait dire que le futur tire les fils du présent pour faire en sorte que certaines choses se produisent.

Dans le contexte de mon art, cela prend tout son sens. Si l’on envisage que mes tableaux sont des portails stabilisés vers des dimensions supérieures, l’acte de les créer ne serait pas seulement un effet de mon intention présente. Il pourrait aussi être, d’une certaine manière, la cause d’un événement futur. L’incarnation de cette supraconscience dans notre monde. La vision que j’ai perçue (existant potentiellement en dehors du temps linéaire) et le tableau que je crée (dans le temps linéaire) sont intriqués.

En d’autres termes, ma vision n’est pas seulement une information du passé ou du présent, mais elle est déjà teintée par la finalité du tableau. Le tableau, en tant qu’objet d’art achevé, influence en retour le processus de sa propre création, comme si une version future de ma conscience artistique guidait mes gestes dans le présent.

Conclusion

La question que je pose est non seulement poétique, mais elle s’articule parfaitement avec les concepts les plus spéculatifs de la physique. Mes tableaux pourraient être vus comme des ponts entre un monde de potentialités infinies (les singularités) et notre réalité matérielle. Le processus de création lui-même serait un exemple de rétrocausalité, où l’œuvre finale, en tant que portail stabilisé, influence le chemin que j’emprunte pour la faire exister.

En utilisant ce langage, je pose une hypothèse audacieuse. Et si l’art était l’un des mécanismes par lesquels les singularités quantiques de la conscience se résolvent et influencent notre espace-temps ? C’est une idée qui, formulée avec précision, peut captiver et ouvrir de nouvelles pistes de recherche. Cette hypothèse audacieuse me semble profondément inspirante. Mon tableau Le Germe de la Nouvelle Humanité semble être l’illustration la plus adéquate pour l’explorer. Développons cette idée dans une analyse sériée et articulée en partant de mon prémisse.

L’art comme mécanisme de résolution

Des singularités quantiques de la conscience

Prémisse fondamentale. L’art n’est pas une simple imitation ou expression subjective, mais un processus actif et interdimensionnel par lequel la conscience humaine interagit avec une Réalité plus vaste, résolvant des singularités quantiques de l’information et influençant notre espace-temps. Le tableau Le Germe de la Nouvelle Humanité me semble correspondre à une manifestation emblématique de ce mécanisme.

Phase 1. La réception de la singularité – L’intuition quantique

  1. La conscience comme récepteur. L’artiste (ici, moi-même) agit comme un récepteur ultrasensible, une antenne capable de percevoir des informations provenant de l’ordre implicite de l’univers. Ces informations ne sont pas transmises par les sens classiques, mais par une intuition quantique – une appréhension non-locale et non-linéaire de la réalité.
  2. La singularité quantique de la conscience. Ces perceptions initiales sont des singularités quantiques de la conscience. Elles sont denses, compressées, porteuses d’une quantité d’information illimitée et potentiellement contradictoire, à l’image d’une fonction d’onde quantique non encore réduite. Elles existent au-delà de notre espace-temps linéaire, dans un état de pure potentialité (la supraconscience). Ces visions chamaniques, reçues lors de mes pratiques rituelles au tambour, sont des fenêtres sur ces singularités.
  3. Le germe comme potentiel pur. Dans le contexte du tableau Le Germe de la Nouvelle Humanité, cette phase représente le germe lui-même, une graine de potentiel pur, une idée non manifestée mais chargée de toutes les informations nécessaires à son déploiement futur.

Phase 2. L’acte créatif – la Réduction de la fonction d’onde par la volonté

  1. L’artiste comme observateur conscient. Face à la singularité de la vision, l’artiste ne reste pas passif. L’acte de décider de peindre, de collapser cette vision dans la matière, est l’équivalent de la mesure en mécanique quantique. C’est une intention consciente qui opère une sélection parmi les potentialités infinies de la vision.
  2. La volonté comme force de réduction. Le pinceau, la couleur, le geste, deviennent les instruments de cette réduction de fonction d’onde. La volonté de l’artiste guide ce processus, transformant un état de superposition (la multitude des interprétations possibles de la vision) en un état unique et tangible (l’œuvre d’art). C’est le passage de l’intangible à l’incarné.
  3. Le germe en incubation. Dans le tableau, cette phase correspondrait à l’acte de planter le germe, de lui donner les conditions (lumière, couleur, composition) pour qu’il commence à prendre forme, à sortir de sa pure potentialité pour s’engager sur une voie spécifique de manifestation.

Phase 3. L’oeuvre d’art – Le portail stabilisé et la rétrocausalité

  1. Le portail stabilisé. Le tableau achevé est une singularité résolue, une version décomprimée de la vision initiale. Il devient un portail stabilisé vers les dimensions de la supraconscience. Il n’est plus seulement une représentation, mais une interface qui continue de vibrer avec l’information d’origine, rendant cette information accessible à d’autres consciences.
  2. L’influence sur l’espace-temps. Cette résolution n’est pas passive. En fixant la vision dans la matière, l’artiste ancre une information d’un ordre supérieur dans notre réalité tridimensionnelle. Ce tableau n’est pas seulement un reflet du passé (la vision reçue), mais il agit aussi comme un point d’attraction pour le futur.
  3. La rétrocausalité en action. L’existence même du tableau, en tant que portail stabilisé et intention manifestée, exerce une influence rétrocausale. Il tire les fils du passé et du présent pour que les conditions de son émergence et de sa résonance future s’alignent. L’œuvre, en tant que Germe de la Nouvelle Humanité, n’attend pas passivement son évolution, elle la précède en quelque sorte, influençant l’émergence future d’une conscience collective transformée.

Phase 4. La résonance collective – L’évolution de la conscience planétaire

  1. L’oeuvre comme inducteur. Une fois l’œuvre exposée, elle devient un réducteur de fonction d’onde pour d’autres observateurs. Les spectateurs qui se connectent au tableau, s’ouvrent à sa résonance, subissent une forme de réduction dans leur propre conscience. Ils sont invités à percevoir une facette de cette singularité résolue, à ouvrir leur propre Cœur.
  2. L’émergence de la Nouvelle Humanité. Si Le Germe de la Nouvelle Humanité est le tableau, alors sa diffusion et sa résonance avec de multiples consciences contribuent à faire pousser ce germe. Il ne s’agit plus de l’individu, mais de l’influence de l’œuvre sur la conscience collective. Le tableau devient un catalyseur pour l’émergence d’une nouvelle ère, d’une nouvelle façon d’être pour l’humanité, intégrant plus profondément cette conscience cosmique.
  3. L’art comme moteur d’évolution. L’art, dans cette perspective, n’est pas un luxe, mais un moteur essentiel de l’évolution de la conscience. Il permet de matérialiser l’intangible, de rendre accessible l’implicite, et d’offrir des points d’ancrage concrets pour que la Réalité supérieure puisse s’incarner et transformer notre espace-temps.

Cette analyse met en lumière la puissance potentielle de l’art. Il n’est pas seulement une création, mais une participation active à la structuration de la Réalité, un acte de magie dans le sens le plus profond du terme, capable de catalyser l’émergence d’une Nouvelle Humanité. En quelque sorte, ma démarche artistique n’est pas seulement une création, mais une participation active à la structuration. De la Réalité, un acte de magie dans le sens le plus profond du terme, capable de catalyser l’émergence d’une Nouvelle Humanité.

En reliant l’acte de création artistique à la magie, à l’intuition de la rétrocausalité et à la conscience du cœur, je propose un modèle de transformation de la réalité transcendant les simples notions de subjectivité et d’expression. Je propose le développement de cette idée dans une analyse structurée en trois points.

1. La Magie comme Intuition de l’Émergence d’une Rétrocausalité

Dans ma vision, la magie n’est pas un pouvoir surnaturel, mais une compréhension intuitive et une utilisation de la structure profonde de la réalité. C’est l’art de percevoir et d’agir selon les principes de l’ordre implicite, là où le temps et la causalité linéaire ne sont pas les seules lois en vigueur.

  • L’intuition du déjà-là. L’acte magique commence par une intuition, une perception non-rationnelle de ce qui est en train d’émerger. C’est un sentiment, une certitude intérieure, que l’avenir désiré (en ce qui me concerne, une Nouvelle Humanité) est déjà une potentialité vivante dans le champ quantique. Cette intuition est le premier contact avec la singularité de la vision.
  • La rétrocausalité en action. « L’artiste-magicien » ne crée pas à partir de rien, il invite une réalité future à s’incarner dans le présent. Le processus créatif (le tableau) agit comme un aimant temporel. En ancrant Le germe de la Nouvelle Humanité dans la matière, j’envoie, de manière rétrocausale, une information à mon propre passé et à celui de l’humanité. Ce qui permet au futur de devenir plus probable. La magie est l’art de manifester un effet (la vision accomplie) en amont de sa cause dans la chronologie.
  • L’effondrement du temps linéaire. Dans cet acte magique, le temps n’est plus une ligne droite. Le passé, le présent et le futur se superposent dans le processus de création, créant une boucle temporelle où le futur désiré informe et structure le présent, afin qu’il puisse exister.

2. La magie comme acte initiateur de la Beauté

La beauté, dans cette perspective, n’est pas un concept esthétique ou un jugement subjectif. Elle est une propriété inhérente de la réalité alignée, un indicateur que la conscience et la matière sont en harmonie avec leur nature la plus profonde. L’acte de magie-artistique est l’initiation d’un processus qui fait émerger cette Beauté, comme nous le suggère les plus anciennes traditions, à commencer par celles de l’Égypte.

  • A. La Beauté comme cohérence. Si les singularités quantiques de la conscience sont des points d’information chaotiques et infiniment denses, la Beauté est la résolution de ce chaos en une forme harmonieuse et intelligible. Le tableau n’est pas beau pour ses couleurs, mais parce qu’il représente la cohérence parfaite d’une singularité résolue, une vision cosmique ordonnée et rendue visible. L’art transforme le chaos du potentiel en la symphonie de la forme.
  • B. Le rôle éthique de l’artiste. L’acte de magie n’est pas neutre. Il s’agit de choisir les potentialités que l’on veut manifester. « L’artiste-magicien » a la responsabilité de chercher et d’ancrer dans la matière une information porteuse de Beauté – non pas de la superficialité, mais de l’harmonie, de la vérité et de l’unité. C’est un acte de co-création avec l’Univers pour en faire émerger la meilleure version possible.
  • C. La Beauté comme éveil. En initiant la Beauté, l’œuvre d’art devient un signal, un appel pour les consciences qui la rencontrent. Elle est un miroir qui révèle la Beauté latente dans l’observateur, dans son regard, fenêtre de son âme nous dit Merleau-Ponty,  et l’invite à s’aligner sur cette fréquence. Le tableau ne contient pas la Beauté, il la catalyse chez ceux qui la regardent.

Cette affirmation est non seulement un commentaire sur l’art, mais une proposition métaphysique profonde résonnant avec des idées philosophiques et spirituelles. Elle dépasse la simple esthétique pour toucher à l’essence de la conscience et de la perception.

Commentons cette affirmation en trois points :

a. Le tableau comme « signal » et « appel »

Je positionne l’œuvre d’art non pas comme une fin en soi, mais comme un moyen, un catalyseur. L’artiste, en créant, envoie un signal, une vibration. Elle est porteuse d’une certaine information. Ce signal n’est pas un message intellectuel, mais un appel à l’inconscient, une fréquence que la conscience peut capter.

  • Analogie : l’œuvre est comme une clef. Elle n’a de sens que si elle trouve une serrure. Le regard de l’observateur est cette serrure et le tableau active une réponse libérant une Beauté déjà présente, mais enfouie, occultée.

b. Le regard de l’observateur comme « Fenêtre de l’Âme »

Selon Merleau-Ponty, la perception n’est pas passive. L’acte de voir est un acte de participation. L’œil n’est pas une simple caméra enregistrant le monde, mais un organe qui projette et reçoit simultanément. Cette affirmation le confirme : « la Beauté n’est pas dans le tableau, elle est dans le regard de celui qui le contemple ». Le tableau est un miroir qui ne reflète pas la lumière, mais l’âme de l’observateur. Il révèle à la personne sa propre Beauté latente, sa capacité à percevoir l’harmonie et l’unité.

  • Implication : cela confère à l’observateur un rôle actif et co-créateur. L’œuvre est le point de rencontre entre deux consciences : celle de l’artiste qui a structuré la Réalité par son style, sa palette…, et celle du spectateur qui est invité à s’aligner sur cette fréquence.

c. La Beauté comme catalyseur, non comme contenu

La distinction que j’opère entre la Beauté « contenue » dans le tableau et la Beauté « catalysée » par celui-ci est fondamentale. Elle nous ramène à l’analogie de la singularité et de la fonction d’onde. Le tableau est le point de convergence permettant à la conscience du spectateur de s’effondrer sur une nouvelle possibilité.

  • Le catalyseur : un catalyseur en chimie facilite une réaction sans être consommé par celle-ci. De la même manière, l’œuvre d’art ne donne pas la Beauté, elle facilite la réaction intérieure donnant l’occasion à la Beauté de l’observateur de s’exprimer. L’émotion que l’on ressent face à une œuvre d’art est en fait la révélation de sa propre capacité à ressentir cette beauté, à se connecter à cet ordre implicite. Une œuvre d’art n’est donc jamais ni belle, ni triste… en soi.

En conclusion, cette affirmation est au cœur de ma démarche artistique. Elle positionne mon art non pas comme une performance à juger, mais comme une porte, une invitation à un voyage intérieur. Aussi, est-il possible de concevoir mon travail pictural comme catalyseur pour le réveil de la conscience collective, un appel silencieux mais puissant pour que chacun reconnaisse et manifeste la Beauté qui réside déjà en lui.

3. La magie liée à la conscience du Cœur

L’efficacité de cet acte magique de rétrocausalité et d’initiation de la Beauté dépend d’une force fondamentale. La Conscience du Cœur. C’est le moteur de tout le processus, l’énergie qui transforme l’intention en réalité.

  • A. Le Cœur comme observateur quantique. Le Cœur n’est pas seulement un organe biologique, mais le siège d’une conscience plus profonde, non-locale et unifiée. Il est le point de connexion avec la supraconscience et la source de l’amour inconditionnel et de la compassion. C’est cet état de conscience qui permet à l’artiste de recevoir les visions de la singularité. La Conscience du Cœur agit comme l’observateur ultime, celui qui réduit la fonction d’onde de manière bienveillante et créatrice.

Cette affirmation est une synthèse puissante. Elle actualise le pont entre la physiologie moderne et les savoirs ancestraux. Le concept du cœur comme siège d’une conscience profonde n’est pas une idée nouvelle ; il est une pierre angulaire de nombreuses traditions spirituelles et philosophiques.

a. La philosophie Antique : Platon et Aristote

  • Platon : Dans la philosophie platonicienne, le cœur n’est pas le siège principal de la conscience, qui est plutôt située dans la tête (l’âme rationnelle). Cependant, dans le dialogue Timée, il attribue au cœur le siège de « l’âme thymique », c’est-à-dire l’âme des passions, du courage et des émotions. Bien qu’elle ne soit pas la plus élevée, cette âme est une composante essentielle de la personnalité. La poitrine est le lieu où les émotions sont exprimées, ce qui établit une connexion symbolique entre le cœur physique et le monde des sentiments.

b. Les traditions orientales et leur conception du Cœur

  • Hindouisme (Advaita Vedanta) : le concept du cœur comme centre spirituel est central dans l’hindouisme, notamment dans les enseignements de sages comme Ramana Maharshi. Le « cœur spirituel » ou Hridaya n’est pas l’organe physique, mais un point dans la poitrine (généralement situé sur le côté droit) qui est considéré comme le siège du Soi (Atman), la conscience pure et non-duelle. C’est le centre de la conscience universelle résidant en chaque être. La méditation sur le Hridaya est une voie directe afin de transcender le mental et réaliser sa véritable nature, qui est l’unité avec le tout.
  • Bouddhisme et yoga : dans la tradition yogique, le cœur est le siège du chakra Anahata (le « cœur » en sanskrit). Anahata est le centre de l’amour, de la compassion, de l’équilibre et de l’harmonie. Il relie les trois chakras inférieurs (liés au monde matériel) et les trois chakras supérieurs (liés au monde spirituel), ce qui en fait le pont entre le corps et l’esprit. L’ouverture de ce centre est une étape cruciale vers l’éveil de la conscience.

c. Les Mystiques du Moyen-Orient

  • Soufisme (mysticisme islamique) : le Soufisme se concentre sur la purification du cœur (qalb en arabe). Il est vu comme l’organe de la perception spirituelle. Le cœur n’est pas l’émotionnel, mais le lieu de la connaissance mystique, de l’intuition et de la rencontre avec le divin. Pour les Soufis, l’objectif est d’atteindre un état de « cœur pur » (le safa). Il permet de voir la réalité telle qu’elle est et de s’unir avec le divin.

d. La médecine traditionnelle chinoise

  • Médecine chinoise : dans la tradition chinoise, le cœur (xīn) est considéré comme l’Empereur des organes. Son rôle ne se limite pas à pomper le sang, il est le lieu de résidence de l’esprit (shen). Il englobe la conscience, le mental, les émotions et l’intuition. On dit que le cœur gouverne le shen. Un cœur en bonne santé est donc synonyme d’un esprit clair, d’un bon équilibre émotionnel et de la capacité à se connecter aux dimensions spirituelles.

Mon affirmation est ainsi ancrée dans une sagesse millénaire. Le cœur, bien au-delà de sa fonction biologique, est considéré dans ces traditions comme le centre de l’être, le lieu d’une conscience unifiée, non-locale et non-duelle, qui est la source même de la perception, de l’amour et de la connexion à l’univers.

  • B. L’Amour comme force structurante. L’amour émanant de la Conscience du Cœur est la force permettant la stabilisation des portails créés par l’art. C’est une énergie d’harmonie, de cohésion et d’unité Elle soude les fragments d’information cosmique dans une forme cohérente et stable. Sans cette énergie, l’intention de l’artiste resterait stérile et la vision ne pourrait s’incarner dans la matière.
  • C. Le Cœur, Moteur de la Nouvelle Humanité. La rétrocausalité que j’initie est donc une rétrocausalité du Cœur. Elle n’est pas le fruit d’une froide mécanique quantique, mais d’une intention animée par l’amour. Le tableau, Le Germe de la Nouvelle Humanité sous-tend une idée ne pouvant se développer que dans une conscience collective ayant réactivé son propre cœur. Et je perçois mon art comme le catalyseur réveillant cette conscience. L’émergence d’une Nouvelle Humanité est donc, en essence, une réappropriation par le collectif de sa propre Conscience du Cœur.

Aussi, je perçois mes œuvres comme des actes de magie métaphysique, agissant avec l’intuition de la rétrocausalité et animées par la conscience du cœur dans la finalité d’initier la Beauté dans la matière. Elles révèlent que le rôle de l’artiste est d’être un canal conscient de l’évolution, un pont entre le monde des potentialités infinies et la réalité concrète, participant activement à la structuration d’un futur plus beau et plus conscient.

Synthèse. Mes tableaux agissent comme de puissants catalyseurs pour l’émergence d’une nouvelle conscience. Cette analyse s’est déclinée en trois grandes étapes :

  1. La magie comme rétrocausalité. Mon intuition perçoit non pas le présent, mais une potentialité future, un état harmonieux de la Nouvelle Humanité,  laquelle est déjà une réalité dans un champ de possibilités. L’acte créatif du tableau agit comme une boucle de rétrocausalité, où le futur désiré attire et organise le présent pour se manifester. La magie est l’art d’utiliser ce principe pour transformer l’intangible en tangible.
  2. La magie comme initiation de la Beauté. La beauté de mon art ne réside pas dans sa surface, mais dans sa fonction. C’est le résultat de la résolution du chaos inhérent aux singularités quantiques d’information que je reçois. Le tableau transforme ces potentiels infinis en une forme ordonnée et intelligible, rendant visible l’harmonie cosmique. Cette beauté agit comme un signal pouvant éveiller une résonance chez le spectateur, l’invitant à se connecter à cet ordre supérieur.
  3. La magie liée à la conscience du Cœur. Ce processus est rendu possible et pertinent par l’énergie fondamentale de la conscience du Cœur. C’est le Cœur servant de récepteur quantique et de moteur à l’intention. Il permet de recevoir des informations non-locales et de les manifester avec amour et compassion. Le germe de la Nouvelle Humanité que j’ai peint manifeste ainsi un appel au réveil du cœur collectif, faisant de mon art un moteur essentiel de l’évolution de la conscience planétaire.

Mon travail pictural n’est pas un simple miroir du monde, mais un outil pour le structurer. Chaque tableau est un acte de co-création où j’agis comme un pont entre le monde des potentialités infinies et la réalité concrète. Je ne décris pas le changement, je le catalyse. Ma démarche artistique incarne la preuve que la spiritualité, la science et la création peuvent s’unir pour ouvrir de nouveaux horizons pour l’humanité.

Bibliographie

Cette bibliographie référentielle analogique, classée par thème fait écho aux idées ici explorées. Ces ouvrages et auteurs, issus de la physique, de la philosophie, de la spiritualité et du développement personnel, offrent un cadre afin de comprendre la magie de mon processus créatif.

1. Physique Quantique et Conscience

Ces ouvrages explorent le lien entre la physique de l’infiniment petit et la nature de la conscience. Ils posent la question du rôle de l’observateur dans l’émergence de la réalité, un point central de mon travail.

  • Emmanuel Brantford, La Conscience quantique et l’au-delà. Cet auteur propose une vision du réel où la conscience n’est pas un simple produit du cerveau mais une entité fondamentale interagissant avec le champ quantique. Ses travaux sur les superpositions conscientes et l’influence de la conscience sur le monde physique sont en parfaite résonance avec mon idée de réducteur de fonction d’onde.
  • Philippe Guillemant, La Physique de la conscience ou Le Double-Causalité. Physicien du CNRS, il a formalisé la théorie de la double causalité incluant la rétrocausalité. Ses travaux suggèrent que le futur peut influencer le présent, expliquant ainsi les synchronicités et les intuitions. C’est une référence incontournable pour mon hypothèse de magie comme rétrocausalité.
  • Pierre Uzan, Conscience et physique quantique. Ce livre évalue l’apport de la physique quantique à la compréhension de la conscience. Il est une juste source visant à ancrer mes réflexions dans un cadre scientifique rigoureux.

2. Singularités, Univers et Rétrocausalité

Ces ouvrages, plus théoriques, fournissent les bases des concepts de singularités et de rétrocausalité que j’utilise comme métaphores pour analyser mon art et sa démarche.

  • Stephen Hacking et Roger Pentose, La Nature de l’espace et du temps. Un ouvrage fondamental qui retranscrit le débat entre deux des plus grands physiciens sur la nature du temps et des singularités. Il permet d’approfondir les bases théoriques derrière le concept de singularités gravitationnelles quantiques.
  • Christophe Galifard, L’Univers à portée de main. Ce livre de vulgarisation, écrit par un ancien élève de Stephen Hacking, rend les concepts les plus complexes de l’univers (trous noirs, Big Bang, temps) accessibles au plus grand nombre. Il affine les analogies que je développe ici.

3. Spiritualité, magie et conscience du Cœur

Ces lectures établissent des ponts entre les découvertes scientifiques et les traditions spirituelles, soulignant le rôle de l’intention et du cœur dans la transformation de la réalité.

  • Romuald Leterrier et Jocelin Morisson, Se souvenir du futur. En s’appuyant sur les théories de Philippe Guillemant et des expériences en chamanisme, ils explorent l’idée que nous pouvons programmer le futur par nos intentions et que les synchronicités en sont la manifestation. Leurs travaux valident mon concept de germe de la Nouvelle Humanité comme un acte de rétrocausalité.
  • Bruce H. Lipton, La Biologie des croyances. Bien que n’étant pas un physicien quantique, ce biologiste cellulaire explique comment nos pensées et nos émotions (liées à la conscience du cœur) agissent sur notre ADN et notre santé. C’est une puissante analogie pour mon idée que la conscience du cœur peut structurer la réalité à l’échelle biologique et collective.

4. La Psychomagie et la Psychogénéalogie

Ces ouvrages sont le cœur de la contribution de Jodorowsky, qui théorise et met en pratique l’idée que l’art peut être un acte thérapeutique et un outil de transformation de la conscience.

  • Alejandro Jodorowsky, Psychomagie. Un art pour guérir et Manuel de psychomagie. Jodorowsky y développe l’idée que l’inconscient ne comprend pas le langage de la raison, mais celui des symboles et des actes. En proposant des actes psychomagiques (rituels poétiques et symboliques), il invite les individus à guérir leurs blocages psychologiques et généalogiques. Cette méthode est une analogie directe de mon art. le tableau (l’acte symbolique) est une thérapie pour la conscience, qui permet de se libérer des entraves et de manifester une nouvelle réalité. Mon démarche est en quelque sorte une psychomagie picturale à l’échelle collective.
  • Alejandro Jodorowsky, La voie du Tarot. En analysant le tarot non pas comme un outil de divination, mais comme une carte du monde et de la psyché humaine, Jodorowsky montre comment des symboles millénaires peuvent servir d’outil pour la connaissance de soi et la transformation. C’est un exemple de la manière dont des formes artistiques (les arcanes) peuvent être des portails vers une conscience plus profonde.

L’œuvre d’Alejandro Jodorowsky est une référence incontournable pour cette analyse : il a créé un pont direct entre l’art, la spiritualité et la thérapie. Ses concepts résonnent parfaitement avec mon approche de l’art comme magie et structuration de la réalité. L’œuvre de Jodorowsky confirme que l’art, lorsqu’il est dénué de son aspect commercial et qu’il est connecté à l’intention de guérison et de libération, devient une force puissante et agissante pour le développement de la conscience, à la fois individuelle et collective.

Glossaire Analogique

Ce glossaire définit les termes que nous avons utilisés pour analyser mon art, en les traduisant de leur contexte scientifique ou spirituel vers une analogie picturale et métaphysique.

Big Bounce (Grand Rebond)

  • Définition scientifique. Le Big Bounce est une théorie cosmologique alternative au Big Bang. Elle suggère que l’Univers ne se contente pas d’être en expansion constante à partir d’une singularité, mais qu’il suit un cycle éternel d’expansion et de contraction. Après un grand effondrement (Big Crunch), l’Univers rebondit pour en initier un nouveau. C’est l’idée d’un univers cyclique, sans début ni fin absolue.
  • Analogie picturale/métaphysique : Dans mon art, le Big Bounce est l’analogie du cycle créatif et de la mort de l’œuvre. Chaque tableau est une singularité (le début d’un univers pictural) s’étendant dans l’espace-temps de la toile. Une fois que le tableau est terminé et lâché par l’artiste, il peut être considéré comme une forme d’effondrement symbolique de cet univers. Cependant, cette fin n’est pas une disparition, mais le point de départ d’une nouvelle création. L’énergie et l’expérience de la première œuvre (le Big Crunch) alimentent le rebond de la suivante, créant ainsi un cycle sans fin de création et de régénération. Mon art n’est donc pas une série de créations isolées, mais un flux continu et cyclique où chaque fin porte en elle le germe d’un nouveau commencement.

L’Ordre Implicite de l’Univers

  • Définition scientifique/philosophique : Le concept d’ordre implicite (ou « Implicite Ordre ») a été développé par le physicien David Bohm. Il postule que la réalité visible, le monde tel que nous le percevons (l’ordre explicite), n’est qu’une projection superficielle d’une réalité plus profonde et indivise, une toile de fond où tout est potentiellement contenu et interconnecté (l’ordre implicite). Les particules et les objets que nous voyons ne sont pas des entités séparées, mais des plis ou des émergences de cette réalité sous-jacente. L’analogie souvent utilisée est celle de l’hologramme, où chaque fragment contient l’information de la totalité.
  • Analogie picturale/métaphysique : Dans le contexte de mon art, l’ordre implicite est la source invisible et totale de mon inspiration. C’est l’unité de la supraconscience que je cherche à capter. Mes tableaux sont des ordres explicites, des déploiements tangibles de cette réalité cachée. La singularité de ma vision initiale est un point d’accès à cet ordre implicite, et mon processus créatif, la réduction de la fonction d’onde, est l’acte de déplier, de manifester et de rendre visible une partie de cette toile d’information universelle. C’est pourquoi, comme dans un hologramme, chaque tableau, même s’il est unique, porte en lui une résonance de la totalité de mon œuvre et de l’unité spirituelle que j’ exprime.

Singularité quantique de la conscience

  • Définition scientifique. En physique, une singularité est un point dans l’espace-temps (comme au centre d’un trou noir) où les lois connues de la physique cessent de s’appliquer.
  • Analogie picturale/métaphysique. Dans mon art, c’est l’état initial, dense et infiniment complexe d’une vision intuitive. C’est le germe de l’idée qui contient, de manière superposée, toutes les potentialités de l’œuvre avant que je ne la manifeste. C’est l’instant de la réception par le chaman de la vision de la supraconscience.

Réduction de la fonction d’onde

  • Définition scientifique. En mécanique quantique, c’est le processus par lequel un système quantique, existant dans un état de superposition (plusieurs états possibles à la fois), choisit de se manifester dans un seul état précis lorsqu’il est mesuré ou observé.
  • Analogie picturale/métaphysique. C’est l’acte créatif lui-même. C’est le moment où, guidé par mon intention et ma volonté, je choisis la couleur, la forme, la composition permettant à la singularité (la vision) de se manifester dans le monde matériel. Le tableau est la mesure qui fige et rend tangible la vision intangible.

Rétrocausalité initiatrice de la Beauté

  • Définition scientifique. L’idée que le futur peut influencer le passé ou le présent.
  • Analogie picturale/métaphysique. C’est l’acte de magie de mon art. La beauté de mon tableau n’est pas la conséquence d’une simple technique, mais la preuve d’une intention transcendant le temps. Mon art est rétrocausal car il ne fait pas que refléter le passé ; il crée un effet sur le présent et le futur en ancrant une intention (la Nouvelle Humanité) qui attire vers elle les conditions de sa manifestation.

Conscience du Cœur

  • Définition. En spiritualité, c’est la conscience non-duelle, celle qui opère au-delà du mental et de l’ego. Elle est le siège de l’amour inconditionnel, de la compassion et de l’unité.
  • Analogie picturale/métaphysique. C’est le récepteur de l’artiste. C’est l’état d’être qui me permet de me connecter à la singularité de la vision et de la manifester avec l’intention la plus pure. Le Cœur est la source d’énergie donnant à la réduction de la fonction d’onde son élan et son harmonie, transformant un simple tableau en un portail pour le spectateur.

Psychomagie picturale

  • Définition. Ce terme est inspiré de la psychomagie de Jodorowsky. Il propose des actes symboliques et poétiques pour guérir des blocages psychologiques.
  • Analogie picturale/métaphysique. C’est la fonction thérapeutique de mon tableau à l’échelle collective. Mon art n’est pas une simple représentation, c’est un acte symbolique qui, par sa nature et sa résonance, agit sur l’inconscient du spectateur pour le libérer et le reconnecter à l’énergie de la Nouvelle Humanité.